Mercredi dernier se tenait le Nintendo Direct permettant de présenter la Nintendo Switch 2. Suite à cette diffusion, Nintendo nous a invités à tester la machine en avant-première à Paris ce jeudi matin. Nous avons donc pu prendre cette nouvelle console entre les mains afin de nous rendre compte des points communs et des différences qu’il est possible de constater avec les machines disponibles sur le marché actuellement (Nintendo Switch, modèle OLED ainsi que Steamdeck).
Avant propos : un grand merci à notre rédacteur Dams qui a retranscrit la grande majorité de mes ressentis durant le Nintendo Switch 2 Experience à Paris !
La Switch 2 en elle-même, ça donne quoi une fois en mains ?
L’un des premiers points de Nintendo vis à vis de sa machine dans le Nintendo Direct concernait le changement de taille de l’écran (passant de 6,2 pouces pour la première Switch à 7,9 pouces pour la Switch) en conservant la même épaisseur. Ce détail de la présentation prend toute son importance une fois que l’on utilise la console, puisque la prise en main de la machine ne diffère pas tellement de ce que l’on a connu sur Switch OLED notamment. La console reste légère et le sentiment de porter une brique comme le Steamdeck ne se ressent pas avec cette hybride. Un point important à noter concernant l’écran, malgré mes habitudes sur Switch OLED, l’écran LCD de plutôt bonne qualité ainsi que l’intégration du HDR ne m’ont pas du tout fait ressentir ce petit retour en arrière. La différence se verra peut-être plus en utilisation à domicile, là où l’éclairage sera moins fort que dans un tél événement.
Concernant les fameux Joy-Con 2 magnétiques, le premier ressenti vis-à-vis de ces nouvelles manettes est “solidité”. Bien entendu, il n’est pas encore possible de dire comment évoluera la puissance de l’aimant avec plusieurs années d’utilisation, mais dans l’état actuel des choses, les manettes ne bougent pas de l’écran auquel elles sont fixés. Pour retirer les Joy-Con 2 de la Nintendo Switch 2, on retrouve un petit bouton très simple à utiliser ; il faut réaliser un petit mouvement de haut en bas pour récupérer ses manettes, ce qui se fait de manière extrêmement fluide. Un autre point à aborder, totalement absent du Nintendo Direct, la présence du HD Rumble 2. De la même manière que sur la première console, des vibrations HD sont de la partie, et sont bien améliorées avec toujours plus de précisions. C’est réellement bluffant : dans le mini-jeu Nintendo Switch 2 Welcome Tour, il était proposé de secouer des maracasses virtuelles, avec un choix possible entre de petites billes à l’intérieur, ou une balle en caoutchouc. Je peux vous assurer que j’avais l’impression d’avoir une véritable balle en caoutchouc dans le Joy-Con.
Dans ses différents modes de jeux, la Nintendo Switch 2 propose une nouvelle fois le mode sur table, avec donc un socle pour tenir la console. Si la Nintendo Switch OLED avait déjà marqué une amélioration, la Switch 2 va encore plus loin avec un support encore plus solide. Concernant les ports, la Nintendo Switch 2 ne voit pas de grand changement pour ce qui est de l’emplacement de la microSD. Pour ce qui est du port cartouche cependant, la petite languette venant protéger l’emplacement s’avère un peu plus mobile que les précédentes versions de la Nintendo Switch.
Mario Kart World, le flagship de la Switch 2
Il s’agit du titre phare de la présentation de la Nintendo Switch 2 : Mario Kart World débarque en même temps que la console le 5 juin prochain. Si le prix de cette nouvelle aventure de Mario a de quoi rebuter au premier abord, j’ai pu mettre les mains sur le jeu pour voir ce que ces bolides ont vraiment dans le ventre, et par la même occasion découvrir ce que cette nouvelle console hybride était capable d’afficher. Cette première prise en main s’est faite sur le mode très classique de Mario Kart, une course à 12 joueurs, donc pas encore sur les véritables nouveautés du titre que sont le mode survie ou bien l’exploration de ce gigantesque monde ouvert. Dans ce premier mode, les “sensations Mario Kart” restent assez classiques avec un feeling relativement proche de ce que l’on a connu dans Mario Kart 8 Deluxe. Le jeu se détache de son prédécesseur avec des tracés qui semblent plus fournis, qui offrent davantage de petits passages ou encore de rails sur lesquels glisser pour semer la pagaille sur la piste.
Une seconde prise en main a été faite sur Mario Kart World, cette fois sur le mode survie, assimilable à un Batte Royale. Cette nouvelle façon de jouer, faisant bien entendu intervenir une part non négligeable d’aléatoire, vient apporter ce petit soupçon de pression à la course pour ne pas terminer dans les premiers éliminés avant le tracé suivant. Prenez toute la frustration du côté trop hasardeux de Mario Kart Wii et mettez le dans un mode dédié : c’est à ça que j’ai joué. Mais c’était étrangement très agréable. Il s’agit d’un ajout très intéressant qu’il sera intéressant d’explorer en profondeur dans le jeu final. En tant que jeu de lancement, il y a bien évidemment un autre point sur lequel on attend ce Mario Kart : les performances techniques. De ce point de vue, le jeu est tout à fait charmant avec des effets visuels très réussis et des couleurs pétillantes. Il s’agit en tout point d’un jeu très réussi sur ce point, sans forcément éprouver les capacités maximales de la machine.
Dans tous les cas, ce qui m’a également marqué n’est autre que le nombre de personnages. Il n’était pas question ici de choisir entre une dizaine de protagonistes ; il y avait toute une longue liste incluant même la vache de la course Meuh Meuh, mais aussi des sortes de skins améliorés de Mario et Luigi pour ne citer qu’eux.
Donkey Kong Bananza, est-il vraiment à la hauteur ?
Le Nintendo Direct de la Switch 2 s’est terminé sur une bande-annonce d’un nouveau Donkey Kong en 3D. Exit Mario, c’est le gorille qui lui vole la vedette avec une sortie très proche du lancement de la console, prévu pour le 17 juillet 2025. La bande-annonce promettait un univers destructible avec la possibilité d’interagir avec beaucoup d’élément de l’environnement, j’ai pu tester le jeu pour voir ce qu’il en était manette en main.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le premier contact avec ce Donkey Kong Bananza est plutôt froid. Le but du jeu ne saute pas aux yeux puisqu’il s’agissait ici de casser de nombreux éléments du décor ou bien ramasser des bananes à droite à gauche. Le côté plateforme semble être mise de côté, avec d’ailleurs une caméra un peu capricieuse, au profit d’une exploration un peu brouillon. Avec des environnements entièrement destructibles, il est par ailleurs possible de manquer certains objectifs si on ne fait pas attention aux éléments avec lesquels on interagit.
Autre point surprenant pour cette démo de Donkey Kong Bananza, l’utilisation de la carte du jeu provoque quelques chutes de framerate, ce qui semble plutôt surprenant au vu de la machine qui fait tourner le titre, et à la vue de l’ensemble de l’exploration qui se déroule sans accroc. Il faudra bien évidemment attendre de mettre la main sur une version définitive du jeu pour bien comprendre où les développeurs souhaitent aller avec ces idées de gameplay qu’il est difficile d’appréhender dans une démo de vingt minutes.
Drag X Drive, l’imprévue bonne expérience
Lors des présentations de consoles Nintendo, on s’attend souvent à voir une expérience un peu décalée, mettant en avant les spécificités de la console. Sur Nintendo Switch, nous avions 1-2 Switch ou encore Arms qui utilisaient les Joy-Con, sur Switch 2, c’est Drag X Drive qui vient prendre la relève pour démontrer l’intérêt de l’utilisation du mode souris de ces nouvelles manettes. Ce jeu un peu expérimental est prévu pour une sortie cet été sur Nintendo Switch 2. Nous avons pu mettre les mains sur ces Joy-Con souris pour tester ce nouveau titre de Nintendo, voyons ce que ça donne “souris” en main.
Le premier mot qui m’est venu à l’esprit en testant ce Drag X Drive : fun ! Bien plus fun que ne le laisse présager le trailer d’ailleurs. La prise en main n’est pas des plus évidentes en raison des larges mouvements à la souris que le jeu demande de réaliser, mais il semble s’inscrire dans cette politique des jeux sur lesquels il est possible de prendre du plaisir rapidement, mais dont la courbe de progression semble très importante et demandera un investissement certain. Le jeu parait assez complet avec plusieurs figures disponibles pour marquer les paniers, même si on regrettera l’absence d’une caméra à l’arrière pour mieux se situer lorsque l’adversaire roule vers notre panier.
Les jeux Switch 1 sur Switch 2, est-ce que ça change vraiment la donne ?
Le Nintendo Direct a présenté beaucoup de jeux Switch 2, mais également des mises à jour pour une sélection de titre en provenance de la première console hybride de la marque. Parmi ces derniers, nous avons pu mettre la main sur trois d’entre eux : Super Mario Party Jamboree + Jamboree TV, Metroid Prime 4 ainsi que The Legend of Zelda: Breath of the Wild. Que valent vraiment ces versions Switch 2 de titres qu’on connaît déjà, ou que l’on attend sur Switch première du nom ?
De la même manière que Nintendo, commençons par le ressenti sur Super Mario Party Jamboree + Jamboree TV. Nous connaissons déjà relativement bien le jeu, c’est donc plus particulièrement sur la caméra que nous allons nous concentrer ici. Cette dernière fait particulièrement penser aux fonctionnalités de Kinect ou encore de l’Eye Toy que l’on trouvait chez les marques concurrentes. Avec ce nouveau périphérique, Mario Party propose une série de mini-jeux exploitant pleinement le positionnement du joueur afin qu’il récupère des Goombas ou bien en utilisant la voix de ce dernier grâce au micro de la machine. Par ailleurs, cette caméra ne semble pas bénéficier d’une qualité incroyable au vu de ce qu’elle retranscrit à l’écran, cependant, la reconnaissance des joueurs fonctionne plutôt bien, y compris dans un endroit avec du monde comme c’était le cas lors de la session de test.
Le dossier Metroid Prime 4: Beyond
Attardons-nous ensuite sur le cas Metroid Prime 4. Le point le plus important dans le cadre de cette mise à jour Switch 2 : l’amélioration technique. Bien qu’on soit sur les bases d’un jeu à destination de la première machine hybride, le boost de performance se ressent avec un très beau jeau, qui profite des capacités du nouveau modèle. Les éclairages sont plus agréables et les textures semblent être améliorées par rapport aux extraits du précédent Nintendo Direct. L’autre grand ajout de cette version Switch 2 concerne évidemment le mode souris, qui s’avère très agréable à utiliser, notamment directement sur la cuisse comme les tutos des jeux peuvent inciter à le faire. La visée est bien plus agréable avec ce mode, bien que les boutons X/Y peuvent être un peu difficile à atteindre par moment.
Les deux grands Zelda sont enfin fluides
Pour finir avec ces mises à jour Switch 1, j’ai pu tester l’emblème de la machine : The Legend of Zelda: Breath of the Wild. Si d’un point de vue général, le jeu peut sembler un peu plus agréable à l’œil que sa version Switch avec quelques textures retravaillée, c’est bien le framerate qui vient transcender l’expérience. Bien qu’il s’agisse d’un jeu de la première console, c’est assez impressionnant de voir ce jeu que l’on connaît si bien tourner avec une telle fluidité. Afin de bien éprouver cette Switch 2, j’ai soumis le jeu au test de la forêt Korogu en testant un maximum d’effets : flammes, explosion… Le jeu n’a pas perdu la moindre image, conservant un très solide 60FPS (au minimum). Cette nouvelle version est très clairement un argument pour se relancer dans l’exploration des plaines d’Hyrule.
Du côté des jeux tiers
Les tiers occupaient une place majeure dans le Nintendo Direct consacré à la Nintendo Switch 2 : Elden Ring, The Duskbloods, Street Fighter 6 ou encore Star Wars Outlaws, pour ne citer qu’eux. Pour ma part, j’ai pu mettre la main sur deux autres titres tiers présents au lancement de la console : Yakuza 0 Director’s Cut ainsi que Cyberpunk 2077. Si du côté de Nintendo, la machine semble maitrisée avec des jeux convaincants, qu’en est-il du côté des éditeurs tiers ?
Pour Yakuza 0 Director’s Cut, l’expérience parait plutôt bien tourner, sans souci majeur constaté. On notera surtout que cette nouvelle version sera enfin l’occasion d’avoir des sous-titres français et une version boîte sur console Nintendo. Pour ce qui est de Cyberpunk 2077, bien qu’il soit précisé qu’il s’agisse d’une version en cours de développement, le constat est un peu moins reluisant. Le jeu semble tenir un 30 FPS malgré quelques très légères chutes avec une résolution un peu en deçà des capacités maximales de la Switch 2. Il faudra revenir avec la version définitive le 5 juin prochain avant de tirer des conclusions sur le portage du jeu. Malgré tout, nous avons appris que l’ensemble du contenu serait disponible dans une cartouche de 64 Go. De la même manière que pour The Witcher 3, CD Projekt Red s’applique au moment de faire des portages sur les machines de Nintendo.
Malheureusement, il ne nous a pas été possible d’essayer toutes les expériences proposées lors de l’événement, par pur manque de temps. Nous n’avons par exemple pas pu voir ce que donnait Civilization VI sur Switch 2, qui selon les retours d’autres personnes semble être très bien adapté au mode souris de la console.
Un point sur le mode souris
Nous en avons déjà parlé rapidement ci-dessus dans l’article, mais j’aimerais que l’on s’attarde un peu plus sur le mode souris de la Nintendo Switch 2. Dès son annonce, nous avions forcément de gros doutes sur le fonctionnement et le confort ; beaucoup moins sur l’intérêt. Car oui, l’intérêt d’un mode souris sur une console de jeux est, bien qu’étonnant, particulièrement bienvenu. Pour faire simple, ça ouvre la porte à des centaines de jeux jusqu’alors invisibles sur les consoles. Mais du côté de l’utilisation … rassurez-vous : ça marche très bien. J’ai été agréablement surpris par la fluidité du capteur (qui semble être une caméra selon le jeu découverte de la console) et, surtout, par le passage du mode « normal » au mode souris. Durant ma session sur Metroid Prime 4: Beyond, il suffisait de poser le Joy-Con sur la tranche pour jouer en mode souris, et de le relever pour passer au mode classique. Le tout sans chargement, sans latence, rien : c’est littéralement du temps réel.
J’ai malgré tout un petit doute sur le confort des Joy-Con 2 en mode souris sur de longues sessions. Il semblerait qu’un accessoire soit assez indispensable pour vraiment avoir du confort avec ce mode de jeu. Manier les deux Joy-Con en même temps peut vite s’avérer compliqué, notamment au niveau des poignets en raison de la forme même des manettes.
Bonus : mon passage en live chez FrAndroid
L’après midi même de l’événement au Grand Palais à Paris, j’étais invité sur le plateau de FrAndroid pour discuter en direct de la Nintendo Switch 2, pour leur émission Unlock. Si vous voulez découvrir ce live, c’est juste ici !